Thomas Hardy
Les Bœufs (1915)
Minuit, la veille de Noël.
« Tous s’agenouillent à présent »,
Dit un vieillard comme nous étions
Attroupés à notre aise auprès du feu.
Chacun se figura les bêtes douces et dociles
Dans la paille de leur enclos,
Et nul alors ne songea à douter
Qu’elles fussent toutes à genoux.
Rares sont les esprits aussi fantaisistes,
De nos jours ! Pourtant, il me semble
Que si quelqu’un disait, la veille de Noël,
« Viens, allons voir s’agenouiller les bœufs
Dans la grange solitaire du vallon
Qu’a connu notre enfance »,
Je le suivrais dans l’obscurité
En espérant que cela fût vrai.
(Traduction : Matthieu Gouet)